Préambule
Du 11 au 18 Octobre avait lieu la seconde édition du Tor Des Geants 2011, une course de 332 km autour du Val d'Aoste en Italie empruntant successivement la Haute Route n°2 et 1. A vrai dire, avec ses 24000 m de dénivelé positif, cette compétition est sans doute une des plus difficiles qui existe à ce jour et sans aucun doute le plus long ultratrail non-stop, comme le met en avant l'organisation.

En 2010, Steph, déjà avait tenté l'expérience avec succès et si l'épreuve me semblait alors inaccessible, l'incroyable aventure et défi que cela représentait avait fini par me convaincre de m'inscrire... A vrai dire, difficile de résister aux arguments avancés par Steph et forcement, quand dès le début de l'ouverture des inscriptions, les 500 places commencent à partir comme des petits pains... Bah oui, on risque de passer à côté de quelque chose d'énorme et de s'en vouloir après, et puis il faut bien le dire, prendre le départ de la seconde Edition, ce n'est pas la même chose que prendre départ de la troisième ...
Le Tor Des Geants était mon objectif numéro 1 pour la saison 2011. Tout le reste n'était finalement que des étapes intermédiaires pour valider l'entrainement. J'en rajoute en fait un peu, la Ronda Del Cims, en Andore, avec ses 170km et 120000 m de dénivelé était un objectif en soi, en fait le deuxième de la saison en importance mais le premier dans le temps puisqu'il avait lieu le 15 juillet... Je ne rentrerai pas trop dans les détails de mes échecs (entendez par là abandons) de cette saison, mais disons qu'elle fut mouvementée, débutée par une belle entorse à la cheville, et continuée avec deux abandons successifs sur l'Ultradraille, au km 110/120 malgré une encourageante troisième place ainsi que sur la Ronda Del Cims au km 135 / 170 pour cause d'abcès au pied... Forcément, de tels événements, ça fait réfléchir, et je dois bien avouer que n'ayant pas validé les étapes intermédiaires de mon entrainement, ce Tor Des Geants, me faisait un peu peur...
Évidemment, abandonner avant même le départ n'avait pas beaucoup de sens et la perspective de pouvoir donner un sens à ces échecs à posteriori en validant l'étape ultime de la saison m'aidèrent à garder le cap et continuer coute que coute les derniers entrainements. Ce 11 septembre 2011, à Courmayeur, c'est donc résolu que je prends le départ, au côté de Steph, UFoot, rencontré sur la Ronda Del Cims et Janne Marin, avec qui Steph et moi avions réalisé le BMTU en 2009.

Et c’est parti
Compte tenu du défi qui se présente à moi, ma stratégie est de partir tranquillement, de rester le plus longtemps dans le vert pour éventuellement pouvoir faire la différence en fin de course quand la majeure partie des coureurs seront en train de lutter pour avancer un pas devant l'autre. Comme dans toute compétition, le départ se fait souvent sur les chapeaux de roue. Tout le monde est excité, on se sent bien, on veut grappiller des places et bien se positionner dès le début... Il faut pourtant résister le plus possible.

La première montée au col de l'Arp se fait sans réel problème. Le flot de personne est incessant et je croise à l'occasion Janne Marin et plus inattendu, Phillipe Perez, du Team Issy Aventure, croisé sur le Raid Edhec, en 2010. C'est l'occasion pour moi de discuter un peu avec lui de sa saison, mais aussi de l'interroger sur un des projets qui m'occupe un peu en ce moment, la préparation du Wenger Patagonian Expédition Race, raid non-stop de 600km en Patagonie du sud, et dont j'apprends qu'il en a déjà pris le départ quelques années auparavant. Pour lui, je suis un gars un peu fou qui court toujours dans tous les sens et il m'interroge sur ma stratégie de course, curieux de savoir comment j'allais pouvoir gérer tout ça ! Amusé, je lui réponds alors que j'essaie de calmer mes ardeurs et de me préserver le plus longtemps possible... Essayer, car je connais mon excitation et mon empressement à vouloir bien me positionner dès le début.
